mardi 27 janvier 2009

Ethel & Ernest, de Raymond Briggs

Je viens de trouver une très jolie BD aux puces. Il y a 10 ans, Raymond Briggs a raconté l'histoire vraie de ses parents en bande dessinée. Ça commence en 1928 lorsque Ethel, jeune bonne chez des vieilles filles, secoue son chiffon à poussière à la fenêtre. Ernest, qui passe dans la rue à vélo, croit qu'Ethel lui fait signe. Il lui répond en soulevant sa casquette. Le lendemain, Ethel recommence et le surlendemain aussi. Ils se plaisent et se marient. Ernest est un modeste livreur de lait, mais ils ont les moyens d'emménager dans une de ces jolies petites maisons anglaises mitoyennes.

Raymond raconte ensuite avec beaucoup de tendresse la vie de ses parents à travers le XXème siècle. Le progrès, la guerre, la guerre froide, les hippies. Ils s'aiment, ils s'engueulent, il est très à gauche, elle est plutôt à droite, ils ne comprennent pas que leur fils veuille devenir artiste. Ils meurent tous les deux en 1971, Ethel d'abord, puis Ernest qui lâche la rampe.

J'adore cette façon de raconter des histoires. Le dessin est volontairement un peu naïf, mais le récit est très fort et très juste. Une chronique pas ordinaire de la vie ordinaire, un hommage critique d'un fils à ses parents. Magnifique!

Deux planches de l'édition anglaise.
J'avais la flemme de scanner mon bouquin...

Ethel & Ernest, Raymond Briggs, Grasset, 1998, 104 pages, chez Amazon.

4 commentaires:

Thérèse a dit…

As-tu lu Le Bonhomme de Neige, de Raymond Briggs ? Je pense que tu vas aimer. Excuse-moi de faire ma maline, mais j'ai un autre livre à te recommander: À la guerre comme à la guerre de Tomi Ungerer. Bonne fouille dans les puces.

Caplan a dit…

Non, je n'ai pas lu le Bonhomme de Neige, de Raymond Briggs. Mais je vais le chercher activement.

Je me souviens par contre avoir eu en main un livre de dessins de Tomi Ungerer. Il était question de l'Alsace, mais je ne me rappelle plus du titre.

Je voulais en parler dans l'article, mais j'ai finalement renoncé pour ne pas tout mélanger, ma BD culte est bien MAUS, d'Art Spiegelman, qui raconte d'une manière magistrale le destin d'une famille juive face à l'Holocauste.

Thérèse a dit…

C'est pas vrai ? Je l'ai reçu pour ce Noël, de ma chère belle-mère dont je t'ai déjà parlé. Je suis sous le choc (les bas m'en tombent, comme tu dis). Je n'ai jamais vu un aussi bon récit. Je n'y connais rien en dessin, mais j'ai trouvé les bois de rennes des Suédois particulièrement bien vus. Je l'ai fait lire la semaine dernière à des New Yorkais assez âgés pour avoir de très mauvais souvenirs vécus, même s'ils ont échappés au pire grâce à la débrouillardise de leurs parents (franco-russes à l'époque). C'est dingue, ils ne connaissaient pas (moi non plus, mais heureusement qu'il y a ma belle-mère). Bises. Si tu passes par ici, je te prêterai le Bonhomme de Neige. Bon, je vais aussi reprendre le blog, mais seulement dans quelques jours.

Caplan a dit…

Hé ben! Le jour où nous passerons te voir, elle a intérêt à être là, Belle-Maman! Elle gagne à être connue! Johnny Cash, Art Spiegelman... Ce n'est pas elle qui t'a abonnée à la Hulotte, tant qu'on y est?

Bises à toutes les deux et à toute la smala!