dimanche 8 mars 2009

Le saviez-vous? La machine à créer de Tancrède Mahous

Tancrède Mahous dans sa machine à créer électrique.

Au début des années 20, Tancrède Mahous, écrivain sans envergure, entend parler du mouvement surréaliste. Il essaie de rédiger quelques textes en écriture automatique, mais cela ne donne rien, car il manque cruellement d'inspiration, même sous l'effet des plus puissants hallucinogènes.

Il cherche un moyen qui pourrait stimuler sa créativité, lorsqu'il lit un article de Science et Vie sur les effets des ondes électriques sur le cerveau. Il fait fabriquer par son beau-frère ingénieur une cage métallique munie d'un émetteur de puissantes décharges électriques. Tancrède s'installe dans la cage, muni d'un bloc-notes et d'un stylo. Son beau-frère actionne l'interrupteur. Et là, le miracle se produit: sous l'effet des décharges répétées, l'écrivain noircit des pages et des pages.

Ainsi, il produira des textes aussi fameux que méconnus: Mon ami mon fisc, La turbine maudite, Brève digestion, Microbe et obèse, Misère du goudron et Aquarium dansant. La série s'arrêtera malheureusement là. L'ingénieur ayant mal réglé la machine, Tancrède mourra cuit à point, le stylo à la main. Le saviez-vous?

8 commentaires:

Thérèse a dit…

ça alors, qu'est-ce que cela doit donner dans un four à micro-onde ? un petit frisson d'inspiration ? Je vais essayer de mettre mon bic dedans pour voir, avant d'y mettre la main ou de finir par y passer la tête...

Caplan a dit…

Thérèse, ne me mets pas dans l'embarras, s'il te plaît! ;-)

Et de toute façon, tu as bien assez d'inspiration comme ça!

François Cuneo a dit…

Je viens de finir Misère du goudron, que j'ai dévoré, mais j'ai beaucoup moins aimé Aquarium dansant.

Mahous fait du Mahous, il n'y a rien de vraiment nouveau.

Autant je conseille le premier, autant le second n'en vaut pas la peine.

Vraiment.

phil a dit…

Tancrède Mahous, écrivain sans envergure ?
Cher Caplan, je vous trouve sévère !

Ainsi, amibe au coup, qu'il écrit en juin 1921, donc avant d'avoir recours aux techniques inspiratoires que vous rappelez, mérite une relecture attentive.
Certes, c'est une œuvre de jeunesse, encore imparfaite, mais déjà oh combien prometteuse.

J'avais découvert Tancrède Mahous en classe de terminale et il a longtemps été l'un de mes écrivains favoris. Merci Caplan de nous rappeler le souvenir de cet écrivain malheureusement tombé dans l'oubli depuis quelques années.

Caplan a dit…

Amibe au coup a en fait été écrit par le fils de sa concierge, qu'il obligeait à écrire pour lui en le menaçant de lui faire écouter des chansons de Line Renaud.

C'est lorsque le fils de la concierge est parti à la Légion Etrangère que Tancrède a dû chercher un autre moyen de produire des textes. On connaît la suite...

l'agent A a dit…

Pas si inconnu que ça, Caplan, moi j'ai lu dernièrement "Sévère pavé" suivi d'une courte nouvelle, découverte il y a peu sous l'assise de sa chaise (celle de la photo) et qui s'intitule justement "Chaise finale". Incontournable ! C'est d'ailleurs l'agent Z qui me l'a fait découvrir ! il devrait t'en causer bientôt, ici même.

zit a dit…

Bin, oui, incroyable que t'en parles ici ! Mon arrière grand oncle issu de Germaine n'était autre que Farzy Leshou, le fameux fils de la concierge, aussi auteur de "la plaie des songes", "l'ode hissée" et "l'île Hiade", que des classiques aujourd'hui...

Et en fait, après le drame ayant coûté la vie à son beau–frère, Cisnétoi Sédonkthon a été interné à la santé, puis celle–ci se dégradant, à sainte–Anne. La pièce où se déroulait les expériences a été murée jusqu'à très peu, quand j'ai hérité de l'immeuble, voulant y faire un studio de prise de vues, je suis tombé sur cette machine et l'ai testée... c'est depuis que j'écris des articles pour cuk...

z (d'ailleurs, faut que j'y aille, je répêêêêêêêête : plus qu'une semaine pour trouver un sujet ;o)

Caplan a dit…

Ah, ben je me disais aussi que t'étais un peu secoué!... ;-)