vendredi 20 mars 2009

BD: Lucien a toujours la banane


Avouons-le tout de suite: je ne suis pas un fan de la première heure de Lucien, le héros rocker créé par Franck Margerin. Ce n'est pas que les histoires du début ne me plaisaient pas. C'est que je trouvais que la qualité de l'impression était catastrophique. On aurait dit de mauvaises photocopies couleurs. Et pour moi, c'est un détail rédhibitoire. Mais j'ai complètement craqué sur l'album Ricky chez les Ricains, sorti en 1998. Il raconte la tournée du groupe de rock de Malakoff, Ricky Banlieue et ses Riverains aux States, à San Francisco. Un bijou d'histoire qui sent son vécu. Je le recommande chaleureusement.

Dans Toujours la banane, sorti fin 2008, on retrouve Ricky, Lu­cien, Gil­lou et Riton mais, chose unique dans la BD, ils ont vieilli. Ils se sont perdus de vue et se retrouvent. Lucien a 50 balais, il est marié, il a une fille qui est punk, puis gothique: elle se cherche. Il a un garçon qui ne pense qu'à sa Pléstécheun et une femme qui passe son temps sur FaceBook. Oh, et puis je ne vais pas raconter toute l'histoire. Disons qu'elle me touche, parce que j'ai le même âge que lui et que, une fois de plus, les détails du vécu sont délicieusement racontés. Et c'est ça qui fait tout le charme des aventures de Lucien, qui resteront, j'en suis sûr, comme de précieux documents sociologiques de ce tournant de millénaire.

J'ai lu des critiques qui disaient que Margerin avait eu tort de vieillir ses personnages, que ça cassait le mythe. Et l'ambiance, par-dessus le marché. Je ne suis pas d'accord. Margerin explique lui-même qu'il s'implique tellement dans ses personnages (dans Lucien, en particulier) qu'il a du mal à raconter l'histoire d'un gars de 20 ans en ayant passé la cinquantaine.

Lucien se cherche.
Cliquez sur l'image pour l'agrandir.

Mais voici un très joli reportage qui a été réalisé à l'occasion de la sortie de Toujours le banane et de l'arrivée simultanée de Margerin aux éditions Fluide Glacial, créées par le génial Gotlib:



Tout ça me fait repenser à une chanson de Renaud que j'ai beaucoup écoutée à l'époque (1977) et qui était assez prémonitoire:

La bande à Lucien


A noter aussi que le morceau fétiche de Ricky Banlieue et ses Riverains est Eddie sois bon. En voici une reprise faite par un obscur groupe de rock français: Les Chaussettes Noires:

Eddie sois bon



9 commentaires:

François Cuneo a dit…

Et hop!

Commandé à Orbe.

Merci!

Et merde à ceux qui pensent que faire vieillir un héros, c'est casser quelque chose!

J'ai dit:-)

Caplan a dit…

Bravo! Clap clap clap!

Dans la foulée, si tu ne l'as pas, tu aurais aussi dû commander Ricky chez les Ricains, qui est aussi bien, sinon mieux!

François Cuneo a dit…

Je vais ça faire!

François Cuneo a dit…

Bon faut que j'arrête, tu vas faire plus de commentaires que moi!:-)

Caplan a dit…

Y a de la marge!

François parle des commentaires sur son site www.cuk.ch, qui compte 50x plus de lecteurs que Milsabor!...

Mis à part ça, Ricky chez les Ricains est une de mes BD cultes!

Dommage que, comme beaucoup d'autres albums aux pages collées et non cousues, il commence à se dépiauter...

l'agent A a dit…

ha ha ha Lucien… encore un quinqua ! Mais bon … ça ne me concerne pas encore !! hein ! z'avez qq mois d'avance les mecs !

"Je vais ça faire" comme dit ze boss (c'est de l'helvète ça, non ?)! mais moi j'ai pas de bidon ! na-na-nère !

Caplan a dit…

Agent A, tout le monde va être quinqua, mais pas forcément avec une banane! Hin hin,hin! ;-)

Note: Ici, ze boss, c'est MOI! Pigé? ;-))

Tu ça comprends, ou bieeen? ;-)))

zit a dit…

C'était il y a plus de vingt ans (il y a prescription), nous étions quatre ou cinq, dans une petite rue glauque, à essayer sur un beau mur blanc un nouveau marqueur énorme à pointe extra large.

Soudain, une porte claque, à trente mètres, et une mobilette démarre en pétaradant, véhiculant un djeun's un au look un peu rocker, avec "teddy", "suede shoes" et sûrement une banane sous le casque, Lucien en vrai quoi...

Il s'arrête près de nous et demande, enthousiaste :

- woaaah, super, le marqueur, tu me le passes, dis ?

Le possesseur dudit marqueur, pas enthousiaste du tout :

- Beuuuh, bof, heuuu, il est tout neuf quoi (en aparté) y va me l'abîmer !

- Allez, vazzy, prêtes-le moi quoi, ch'frais attention !

au bout d'une minute de ce manège, le marqueur change de mains...

Et le type commence à dessiner, vite, il a le trait sûr, il sait ce qu'il veut...

En trente secondes, sous nos yeux ébahis, commence à apparaître un visage connu, d'environ cinquante centimètres de haut, avec un sourire ravageur, un gros pif, et une banane, émergeant du col d'un blouson noir...

Au bout d'une minute, il ne subsiste plus aucun doute dans notre esprit : c'est bien Lucien !

Son oeuvre achevée, il se retourne vers nous, avec un grand sourire devant nos mâchoires inférieures touchant le sol et nos yeux exorbités :

- Je vous le signe ?

Il a fait un petit F. et a rendu le marqueur, il est remonté sur sa mob et nous a laissés là, médusés...

z (ça ne nous rajeunit pas, je répêêêêêêêête : enfin , pour ma part, chuis encore loin des cinquante, mais j'en suis plus prêt que des vingt...)

Caplan a dit…

Magnifique histoire, Zit!

Si seulement tu avais pu prendre le bout de mur pour le mettre chez toi!

Pour ma part, c'est plus banal: il m'a dédicacé "Ricky chez les Ricains" avec un beau dessin de Lucien accoudé à un jukebox, qui dit "yeah" en tenant une chope de bière.

Margerin est un type effectivement très, très sympa.