mardi 10 mars 2009

Spike Jones et Woody Allen

Spike Jones et ses City Slickers.

J'ai fait un tour dans une nouvelle solderie de CD et de DVD lausannoise et j'ai trouvé deux galettes qui m'ont fait particulièrement plaisir, d'autant plus qu'elles étaient pratiquement données!

Premièrement, un CD de Spike Jones, qui faisait de la musique dans les années 40-50 avec des cloches, un klaxon et un revolver, en plus des instruments traditionnels. On peut le comparer à un Tex Avery de la musique ou à une sorte de punk du jazz. Il se plaisait à massacrer les plus grands classiques dans la joie et la bonne humeur loufoque. Voici un morceau que j'adore:

• Rhapsody from Hunger(y)


Deuxième trouvaille: le DVD de Prends l'oseille et tire-toi, le premier film de Woody Allen, que j'avais vu au cinéma il y a pas mal de temps.



Tout Woody Allen est déjà dans ce premier opus: le sens de la vie, la supercherie, le doute, l'amour, la dérision et l'humour, bien entendu. Woody joue le rôle de Virgil Starkwell, un gangster qui rate tout ce qu'il entreprend. Le film est réalisé sous la forme d'un documentaire, comme le sera plus tard Zelig, un chef-d'œuvre.

La scène dans laquelle les parents de Virgil témoignent anonymement en se cachant derrière des masques de Groucho Marx est irrésistible.

Ça vaut la peine de farfouiller dans les solderies. Il y a beaucoup de déchets, mais, comme sur un tas de fumier, on trouve parfois de très jolies roses...

dimanche 8 mars 2009

Le saviez-vous? La machine à créer de Tancrède Mahous

Tancrède Mahous dans sa machine à créer électrique.

Au début des années 20, Tancrède Mahous, écrivain sans envergure, entend parler du mouvement surréaliste. Il essaie de rédiger quelques textes en écriture automatique, mais cela ne donne rien, car il manque cruellement d'inspiration, même sous l'effet des plus puissants hallucinogènes.

Il cherche un moyen qui pourrait stimuler sa créativité, lorsqu'il lit un article de Science et Vie sur les effets des ondes électriques sur le cerveau. Il fait fabriquer par son beau-frère ingénieur une cage métallique munie d'un émetteur de puissantes décharges électriques. Tancrède s'installe dans la cage, muni d'un bloc-notes et d'un stylo. Son beau-frère actionne l'interrupteur. Et là, le miracle se produit: sous l'effet des décharges répétées, l'écrivain noircit des pages et des pages.

Ainsi, il produira des textes aussi fameux que méconnus: Mon ami mon fisc, La turbine maudite, Brève digestion, Microbe et obèse, Misère du goudron et Aquarium dansant. La série s'arrêtera malheureusement là. L'ingénieur ayant mal réglé la machine, Tancrède mourra cuit à point, le stylo à la main. Le saviez-vous?

vendredi 6 mars 2009

BD: Réédition de LA VIE EST BELLE malgré tout, de Seth

La Vie est Belle malgré tout. Détail de la couverture de 1998.

A la librairie, je viens de voir avec plaisir qu'une BD que j'ai beaucoup aimée vient d'être rééditée. Il s'agit de La Vie est Belle malgré tout, une fiction autobiographique. Seth, dessinateur, fait les puces et les bouquinistes (quelle bonne idée!) à la recherche de BD des années 20 à 50 et surtout de dessins humoristiques d'un certain Kalo, qui les publiait dans le New Yorker. Mais cette quête est un prétexte pour remonter le temps. Seth est un nostalgique légèrement inadapté. Il se promène en pardessus et chapeau, il est un peu empêché du cœur, il s'occupe de son chat Boris. Il va de temps en temps trouver sa mère, chez laquelle vit son frère, encore plus immature que lui.

C'est un très joli récit, calme, introspectif, qui prend son temps. J'adore cette atmosphère surannée et je me sens une certaine parenté avec Seth lorsqu'il cherche aux puces d'improbables documents qui n'intéressent pas grand monde. On est très loin de toutes ces BD avec des monstres épiques ou des chevaliers teutoniques en couverture.

L'exemplaire que je possède est la première édition en français éditée en 1998 par les Humanoïdes Associés. La réédition qui sort maintenant est faite par Delcourt, dans une nouvelle traduction et sous une forme fidèle à l'édition originale, c'est-à-dire sur un papier jauni. A vrai dire, je dirais plutôt: sur un papier bruni, un peu trop foncé à mon goût. Mais peut-être que je vais m'y faire et que je vais finalement craquer pour cette nouvelle version. Il faut que je retourne à la librairie pour me faire une idée définitive...

La version 2009, de Delcourt.


La version 1998, des Humanoïdes Associés.

Chez Amazon, il y a encore un exemplaire de la première version. Sinon, vous trouverez la nouvelle édition chez votre crémier habituel, ou ici. Dès que vous l'aurez, installez-vous dans un bon fauteuil avec une théière ou un whisky, selon votre goût. Pensez à prévoir suffisamment de biscuits pour arriver au bout des 170 pages.

mercredi 4 mars 2009

Juxtaposition explicite

Ça fait plusieurs semaines que je passe devant cette affiche placardée sur mon supermarché. Elle annonce les spectacles de la saison 2008-2009 présentés par Live Music Production. L'autre jour - mieux vaut tard que jamais - je me suis aperçu qu'il y avait une délicieuse juxtaposition dans les vignettes présentées, la seconde illustrant la première:



dimanche 1 mars 2009

Les Grands Incapables de l'Histoire 2

Abel, qui n'a pas été foutu de se défendre.


Gottlieb Daimler, qui n'a pas été foutu d'inventer
le moteur à hydrogène.


John F. Kennedy, qui n'a pas été foutu d'aller au bout
de son premier mandat.

jeudi 26 février 2009

Histoire de l'art: Le régime de Jérôme

Nicolas Régnier, Le régime de Jérôme.

Au début du 17ème siècle, Nicolas Régnier, disciple du Caravage, cherche un sujet dramatique pour sa prochaine toile. Il se souvient alors de l'histoire de Jérôme de Monmignac, un précurseur de la diététique un peu dérangé.

Jérôme avait écrit une méthode pour perdre du poids d'une manière radicale. En substance, le régime consistait à sucer des cailloux, mordiller des cure-dents et boire des larmes de fourmis. Jusque là, rien de bien méchant. Les rayons des bibliothèques spécialisées ont toujours été bourrés d'ouvrages de ce genre.

Là où les choses se gâtèrent, c'est quand son ami Matthieu mit le régime en pratique. Il respecta les conseils à la lettre durant plusieurs semaines, tant et si bien qu'il finit par peser 25 kilos, puis mourut. Jérôme s'accusa de la mort de son ami et ne s'en remit jamais.

Le peintre Nicolas Régnier avait là un sujet idéal pour illustrer le thème de la culpabilité. Il représenta donc Jérôme abattu, son ami Matthieu très amaigri en compagnie du fameux bouquin de régime. Induscutablement, un sujet qui garde toute son actualité.

SPIN-N-MATCH a plus d'un tour dans son sac

Voici SPIN-N-MATCH un petit jeu de réflexion et d'orientation et d'anticipation. Dans la case de gauche, vous devez reconstituer la situation décrite à droite. Pour ça, vous faites pivoter la configuration contenue dans le petit carré grâce à la touche espace. Pour déplacer le carré où c'est nécessaire, vous utilisez la souris ou les 4 flèches de directions de votre clavier. Pour chaque niveau, il y a un par déterminé par le développeur, et il y a 40 niveaux. Chose appréciable dans ce type de jeu en ligne: vous pouvez reprendre la partie au niveau où vous l'avez quittée lorsque vous y revenez. Et vous allez y revenir, je le sens...



mardi 24 février 2009

Collection Bergé-Saint Laurent: des millions et des bibelots jusqu'à la nausée

Une salle à manger qui coupe l'appétit.

Aujourd'hui, j'ai eu la confirmation que je ne fais pas partie de l'élite. A vrai dire, je le pressentais un peu, mais ça fait quand même drôle...

Je viens de voir à la télévision un employé de Christie's chargé de la vente de la collection Bergé-Saint Laurent. Il a déclaré: "Ce n'est pas donné à tout le monde d'apprécier à sa juste valeur autant de beauté!"

C'est très cher, donc c'est très beau!

Pouf, pouf!

Il se trouve que depuis quelques jours, on nous montre et remontre les trésors accumulés par les deux esthètes. Alors voilà: je ne dis pas que c'est moche. En matière d'art, il ne faut jamais dire: c'est moche! Il faut dire: je trouve que c'est moche! Et là, ... je trouve que c'est moche! Bien sûr, il y a quelques tableaux et quelques statues que je trouve beaux. Mais cette accumulation (il paraît que ça s'appelle une collection) de bibelots et de meubles me donne une impression de vieux et de goût douteux. En plus, il n'y a pas la moindre trace d'humour. Tout est au premier degré, à part peut-être le flacon de parfum de Duchamp: Belle haleine-Eau de voilette. Mais son prix de vente de 7,9 millions d'euros fait que ce n'est même plus drôle.

Portrait de Madame L.R., de Brancusi, adjugé à 28.1 millions d'euros!

Je pose juste une question: dans ce cas, est-ce la beauté qui fait la valeur, ou est-ce la valeur qui fait la beauté. Le public a surtout l'air d'être fascinés par la valeur marchande de toutes ces choses. Le seul point que je trouve positif, c'est que le produit de la vente va représenter une fameuse aide à la recherche contre le SIDA. C'est déjà ça...

dimanche 22 février 2009

Photo: Los Angeles (1865-2008) This Side Of Paradise (Le Paradis, ou presque)

John Humble, 719 Lincoln Boulevard, Venice.

Dimanche après-midi, bravant la tempête de neige, nous sommes allés au Musée de l'Elysée pour la photographie à Lausanne. Hé oui: il n'y a pas d'Elysée qu'à Paris...

La jolie bâtisse du Musée de l'Elysée, à Lausanne.

Nous avons pu y voir une magnifique exposition: Los Angeles (1865-2008) Le Paradis, ou presque. Comme son titre l'indique très bien, les photos exposées datent du milieu du 19ème siècle jusqu'à l'an passé. Les premières sont plus documentaires que les dernières. L'exposition est divisée en sept sections: Cultiver - Se déplacer - S'activer - Se loger - Se divertir - Se battre - Se projeter. Les photographes les plus anonymes comme les plus connus (Adams, Frank, Winogrand, Avedon, Ritts, etc...) ont été fascinés par cette terre promise américaine qui a vu cultivateurs et cinéastes réussir l'impensable. Mais, comme toujours, il y a l'envers du décor, froid, cruel, impitoyable. Les tirages sont magnifiques et de toutes espèces: de l'albumine à l'imprimante, en passant par l'argentique. Les tirages noir/blanc du début du 20ème siècle sont à tomber à la renverse. Il n'y a malheureusement aucune de ces photos dans le dossier de presse.


Philippe Halsman, Marilyn faisant des haltères.


Leroy Grannis, Hermosa Beach Strand. 1967


Dennis Hopper, Double Standard, 1961

Cette exposition a été montée par la Huntington Library. Lausanne est sa deuxième étape. J'ai tenté de savoir s'il était prévu qu'elle passe par la France, mais personne n'a pu me renseigner. Soyez donc vigilants.

Le catalogue.

En passant par la librairie en sortant de l'exposition, j'ai voulu acheter le catalogue. Il est splendide, mais il y a aussi de quoi tomber à la renverse quand on voit son prix: 105 francs suisses (71€)! J'ai renoncé mais, comme j'avais trouvé Les Américains de Robert Frank à un prix dérisoire en Angleterre, je suis allé voir sur Amazon.co.uk où je l'ai commandé pour l'équivalent de 39 francs suisses (26€). Bon, y vient ce facteur, ou quoi?

Voici le lien pour obtenir le dossier de presse de l'exposition en pdf.

L'exposition continue jusqu'au 19 avril 2009.

vendredi 20 février 2009

Animals: Les animaux font les fous dans la ville

Les week-ends se suivent, mais ne se ressemblent pas sur Milsabor! Dimanche passé, vous avez pu voir des films sur Juan Manuel Fangio. Aujourd'hui, voici un court-métrage beaucoup plus poétique, réalisé par le Suédois Kristofer Ström, du studio Varelsen, sur la musique de Minilogue. Il a eu la bonne idée de mettre son film sur Vimeo, dont la qualité d'image surpasse largement celle des autres sites de mise en ligne.


Retirez le curseur de l'image pour faire disparaître les inscriptions.

Pour voir le film en plus grand format, c'est ici.